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Portrait de Serge Barberon, Cressiculteur Bio à Méréville

Le cresson une histoire de famille

Après une année de boulangerie, Serge Barberon a suivi la voie familiale et est devenu cressiculteur à l’âge de 16 ans. Il a commencé par travailler aux côtés de ses parents qui avaient une petite cressonnière, puis à la mort de son père, il a aidé sa mère installée près de Chalo-Saint-Mars. Après le décès de sa mère, il a pris la succession familiale et s’est définitivement mis à son compte dans les années 70. Il a choisi de travailler sur plusieurs sites en même temps, comme il nous dit « j’ai voyagé ». A l’époque, il y avait de nombreux jeunes pour reprendre ce métier, et donc beaucoup de concurrence, entrainant une surproduction de cresson.
Aujourd’hui ce n’est plus le cas, et le nombre de cressonnières diminue toujours un peu plus.
Heureusement, les Barberon sont une grande famille, et Serge Barberon a de nombreux héritiers derrière lui dont ses 2 fils et son neveu.
Le cresson pour Serge Barberon est donc une histoire de famille, et il a toujours travaillé avec son frère. Il nous explique que le travail en famille : « c’est d’abord une économie, on ne compte pas ses heures. Les 35h, ce n’est pas assez pour le cresson et c’est une charge pour un patron, alors qu’eux font facilement le double. »
L’ambiance n’est pas toujours au beau fixe, et les chamailleries y sont nombreuses, mais dans l’ensemble cela se passe bien. Cela fait 40 ans que ça dure, et pour rien au monde il ne changerait.

Un virage bio réussi

Au fil des ans, voyant que le cresson traditionnel ne se vendait plus aussi bien, Serge Barberon a choisi il y a 12 ans de produire du cresson bio. Ce n’est pas qu’il était spécialement adepte de cette façon de produire, mais il a peu à peu pris conscience de l’importance d’une utilisation raisonnée des ressources de la nature, et particulièrement de l’eau, indispensable au cresson, dont la culture est semi-aquatique. Les cressiculteurs ont parfois été accusés de salir les rivières, car l’eau des cressonnières y est rejetée. Il a donc choisi de se différencier, et pour cela il a choisi le bio. Il est alors parti à la recherche d’une clientèle, et il a parfaitement réussi ce virage avec notamment des clients comme : des magasins bio et de grands hôtels parisiens. Le carreau des producteurs de Rungis lui offre également une belle vitrine.
Il passe parfois beaucoup de temps au téléphone pour prospecter, mais il note aussi que de nombreuses personnes l’appellent, curieuses de comprendre comment l’on peut produire du cresson bio.

Des produits dérivés et une récompense

Avec sa femme, ils se sont également lancés dans la production de produits dérivés : soupe, purée et surtout le « transformé » cremousson, un pâté végétal qui leur a valu de devenir tous deux, « Chevaliers du Mérite Agricole ». Cette médaille est pour lui une fierté qui récompense de nombreuses années de travail. Il vend ses produits sur les 10 ou 12 salons auxquels il participe chaque année, aux touristes qui se présentent dans ses cressonnières, mais aussi au panier AMAP en Ile-de-France et en direct chez lui.

Le peintre des cressiculteurs

Serge Barberon commence dès à présent à penser à sa retraite qui sera bien remplie. Il va continuer bien évidemment à aider sa famille de temps en temps, mais il profitera également de son temps libre pour vivre sa passion de la peinture. Dans son entourage, on le surnomme même « le peintre des cressiculteurs ». Actuellement, il peint le soir à l’halogène, après de grosses journées de travail. Il prend en photo des lieux, notamment des châteaux comme celui de Méréville, et il les reproduit en peintures, qu’il vend à petits prix.

Le tourisme, pour faire connaître son métier

Serge Barberon aime également recevoir les gens dans ses cressonnières et leur faire découvrir son métier. Il continuera d’ailleurs pendant sa retraite. Il souhaiterait pour cela mettre en place des équipements plus adaptés pour accueillir les touristes dans de meilleures conditions, comme construire une cabane plus grande et installer des toilettes. Il voudrait que les gens s’intéressent au cresson, car c’est « une culture spécialisée, de l’art », qui demande beaucoup d’attention, particulièrement dans le bio, avec de nombreux contrôles, et une exigence de qualité, «Qualité France». Il envisage même de s’agrandir, produisant déjà 100% de cresson bio, car « c’est à la mode en ce moment, et les gens sont curieux de comprendre cette culture ».
Serge Barberon vit son métier de cressiculteur avec passion, et aime le faire partager à tous ceux qui ont envie d’en comprendre les rouages.

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